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[DOSSIER IMMIGRATION] États-Unis : la folie sécuritaire ?




Dès sa campagne présidentielle, Donald Trump a affiché sa position anti-immigration. En scandant “America first”, le président Donald Trump se fait porte-parole d’un nationalisme destructeur. Le 27 janvier 2018, Donald Trump bloque le programme fédéral d’admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre pour une durée de 4 mois, avant de mettre en place le célèbre Muslim Ban. Ce Muslim Ban interdit l’accès au territoire américain aux ressortissants de 7 pays majoritairement musulmans et ce, dans le but de “protéger la Nation de l'entrée de terroristes étrangers aux États-Unis”. Plus tard, il interdit l’accès au sol américain à tout réfugié syrien jusqu’à nouvel ordre.


Le Muslim Ban est vilipendé au sein même de l’équipe du président. La ministre de la justice Sally Yates remet en cause la légalité d’un tel décret, elle se fait alors renvoyer pour trahison. Le Muslim Ban met en lumière l’islamophobie de Trump et son gouvernement, qui vont vite en amalgames et rapprochements inopportuns entre ressortissants de ces pays et le terrorisme. Le projet est in fine d’instaurer des discriminations contre les musulmans pour des raisons politiques. La politique migratoire de Trump ne cesse de faire polémique et sa tolérance zéro laisse apparaître en surface la violence qu’implique de telles mesures.


La frontière avec le Mexique est également un point central de la politique migratoire de Trump


Les images d’enfants mis en cage et séparés de leurs familles ont fait grand bruit et ont choqué l’opinion. Quel que soit leur âge, on les rassemble dans ces centres encerclés de fer, caméras, barbelés et grillages. Les cris des enfants, publiés au grand jour dans un enregistrement, ont poussé Donald Trump à réagir en arrêtant les séparations, mais en attendant, depuis la mise en place de la tolérance zéro à la frontière en avril 2018, quelques 2300 enfants ont été arrachés à leur famille. Les parents emprisonnés seront jugés.


Cette tolérance zéro implique évidemment cela : culpabilisation, criminalisation et déshumanisation. Il s’agit pour Trump de décourager l’immigration clandestine par la dissuasion mais aussi de mettre la pression sur les contrepoids exécutifs, tel que la cour suprême, pour laisser passer des mesures plus répressives. En effet, la chambre des représentants, le congrès ou la cour suprême peuvent empêcher l’application d’une loi proposée par le président, si la loi est jugée anticonstitutionnelle. Des juges fédéraux ont fait plier le Muslim Ban et d’autre lois sur l’immigration. Trump joue habilement le jeu du pouvoir avec cette petite manipulation disant que si la cour suprême n’a pas voulu de ses nouveaux décrets sur la question migratoire, et bien elle est responsable des problèmes qu’engendrent les anciens textes.


L’histoire des États-Unis est marquée de multiculturalisme, de migration et de cosmopolitisme. A l’entrée de New York, se dresse une dame de 46 mètres de cuivre, née en France, éclairant le monde de ces vers « Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres, envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres, les rebuts de vos rivages surpeuplés, envoyez-les-moi, les déshérités, que la tempête m'apporte, de ma lumière, j'éclaire la porte d'or ! ». Aujourd’hui seulement 29 % des américains nées en Amérique sont issus de deux parents eux aussi nés en Amérique. Le Mexique est de loin le principal pays de provenance de l’immigration illégale : selon les estimations, 58 % des 11,1 millions d’immigrés en situation irrégulière sont Mexicains. Les personnes en situation irrégulière représentent également une très grande proportion de la population d’origine mexicaine.


C’est le cas d’un peu plus de la moitié des immigrants mexicains et d’une personne d’origine mexicaine sur cinq, quel que soit son lieu de naissance. L’absence de papiers constitue un obstacle important à l’intégration. Les immigrés en situation irrégulière apprennent l’anglais moins vite, font moins d’études, sont moins bien rémunérés et subissent un isolement social plus important que les immigrés en situation régulière. La politique migratoire américaine ne va plus dans le sens de l’inclusion et de l’intégration mais veut exclure, diviser et faire alimenter des tensions vitales à l’administration en place. Les mesures fortes et dissuasives prises pour la frontière ne visent qu’à satisfaire un électorat conservateur. Une politique en somme violente, inhumaine, hypocrite au regard de l’histoire des États-Unis et donc aussi électoraliste et populiste. La proximité de Trump avec les suprématistes blancs ne présage rien de bon pour l’avenir des immigrés.