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[DOSSIER IMMIGRATION] L'Italie de Salvini face au défi migratoire

Dans le contexte tendu de la politique migratoire européenne et du fragile compromis trouvé à Bruxelles entre les pays dirigeants ce vendredi 29 juin 2018, le gouvernement d'extrême-droite italien semble de plus en plus faire entendre sa voix nationaliste anti-immigration.



Crédits Photo : Andreas SOLARO / AFP


En effet, le 1er juin dernier, l'Italie a connu un bouleversement politique, avec l'arrivée au pouvoir de plusieurs ministres de la Ligue du Nord, le parti d'extrême-droite italien, dont le chef de file, Matteo Salvini, devenu ministre de l'Intérieur, est profondément et frontalement opposé à l'accueil des migrants sur le sol italien.


Les théories anti-immigration de ce nouveau gouvernement ont rapidement été mises en pratique, comme en témoignent le refus de laisser accoster l'Aquarius, accueilli en Espagne le 17 juin dernier, et le recensement des Roms qui habitent dans la botte méditerranéenne.


Si l'Italie est l'un des pays les plus touchés par les flux de migrants qui traversent la Méditerranée – depuis 2013, plus de 600 000 migrants ont atteint le pays par bateau –, la situation doit avant tout être gérée à l'échelle européenne. Or, depuis l'année dernière, la tendance politique des dirigeants des pays de l'Union européenne est de plus en plus orientée vers une politique nationaliste, à défaut d'être coopérative et aidante envers les migrants.


L'exemple de l'Aquarius témoigne bien de la réaction individuelle nationale, chaque pays rejetant la responsabilité de l'accueil de ces 629 migrants venant de traverser la Méditerranée, là où il eût fallu agir dans l'optique globale d'un accueil européen.

En outre, si la politique italienne s'est particulièrement durcie depuis un mois, la botte est loin d'être le seul pays européen à devoir se reprocher un comportement inapproprié face à l'afflux de réfugiés. A titre d'exemple, la France d'Emmanuel Macron accueille six fois moins d'immigrants que l'Allemagne. De même, la loi Asile et Immigration est la preuve de l'évolution du gouvernement vers une politique sans cesse plus jupitérienne, ici sur le plan des flux migratoires.


Pour reprendre l'exemple de l'Aquarius, l'Italie a été très critiquée par Emmanuel Macron, dénonçant la « part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien », et par Édouard Philippe, affirmant que « l'Italie devrait assumer ses responsabilités ». Mais une fois de plus, ces élans d'indignation de LREM face à l'inhumanité du rejet italien ne sont que des écrans de fumée. En effet, à aucun moment le gouvernement français n'a poussé la générosité jusqu'à accueillir le navire bloqué depuis trois jours dans la Méditerranée.


Ainsi, les nombreuses réunions européennes sur la question de l'immigration sont loin d'être fructueuses puisque les compromis trouvés entre les pays se dirigent toujours plus vers une politique autoritaire de maintien des migrants à l'extérieur du territoire européen. La politique d'immigration menée par des pays comme l'Italie devrait être condamnée par l'Union européenne et non uniquement décriée.


Il est donc plus que jamais nécessaire de lutter pour obtenir des débouchés socialement acceptables pour accueillir les migrants dans les meilleures conditions possibles. Cela ne peut se faire que par une profonde coopération à l'échelle européenne, qui doit passer par le respect de la dignité humaine.