• .la rédac

[DOSSIER IMMIGRATION] Le principe de fraternité


Crédits photo : Rebecca Marshall/Laif-REA

Le vendredi 6 juillet, le Conseil Constitutionnel a consacré le principe de fraternité. Cédric Herrou, symbole de l’aide humanitaire à la frontière franco-italienne, avait saisi le Conseil Constitutionnel, suite aux nombreuses attaques qu’il avait subi. Cette censure de la part du Conseil Constitutionnel dénonce une politique migratoire en désaccord idéologique total avec les idéaux républicains.


Depuis un an, la politique du gouvernement sur les questions migratoires a été source de houleux débats. La loi Asile et Immigration est d’une violence inouïe vis-à-vis des migrants et a soulevé de nombreuses polémiques avec notamment la question du délit de solidarité, qu’elle ne prévoit pas de réviser. Alors que les milices d’extrême droite chassent les migrants, les ramènent à la frontière ou aux forces de l’ordre, sans que cela ne fasse réagir le gouvernement, En Marche a renforcé la répression autour du délit de solidarité, pour réprimer les élans d’humanisme des français.e.s souhaitant venir en aide aux migrants.


Ainsi depuis des mois s'enchaînent les procès pour délit de solidarité, notamment dans le sud de la France. Cédric Herrou, attaqué depuis un an, a saisi le Conseil Constitutionnel concernant l’idée de délit de solidarité dont on l’accuse. Le Conseil Constitutionnel a finalement consacré le principe de fraternité désavouant ce « délit » et donc la politique migratoire menée par le gouvernement.


Cette censure par le Conseil Constitutionnel dénonce une politique du gouvernement qui est en désaccord idéologique profond avec la République en elle-même. Cette politique est aujourd’hui anti-républicaine dans la lignée même de ce que fait le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini. Le délit de solidarité, c’est l’idée selon laquelle aider un migrant ayant traversé des milliers de kilomètres, fuyant la guerre, la misère ou le climat, serait un délit. La fraternité fait partie de la devise de la République.


Le texte trop vague sur les questions d’aide humanitaire entraîne une confusion entre passeurs et aide humanitaire. Cette confusion semble évidemment volontaire quand on voit la différence de traitement de la part du gouvernement pour les associations humanitaires et pour les milices d’extrême droite comme Génération Identitaire.

La réaffirmation par le Conseil Constitutionnel de l’attachement républicain à la fraternité sanctuarise cette idée. C’est une véritable opportunité d’amélioration de la qualité de l’accueil des migrants. En effet la valeur constitutionnelle du principe de fraternité doit nous pousser à continuer d’accueillir les migrants sans distinguer cyniquement la misère humaine et donc changer la ligne politique actuelle du gouvernement.


Les Jeunes Génération.s et la gauche en général, doivent rester attachés au principe de fraternité. Il fait partie de nos valeurs fondamentales, est au cœur de notre engagement et est très concret au quotidien. Faire basculer la politique du gouvernement sur les questions migratoires pour respecter le principe de fraternité, c’est arrêter de mettre des enfants dans des centres de rétention, augmenter drastiquement le nombre de demandes d’asile acceptées et simplifier des démarches administratives qui sont toujours très dures pour des personnes ayant traversé des milliers de kilomètres, ne parlant pas forcément la langue et qui n’ont aucune aide concernant ces questions là. C’est aussi arrêter de céder aux discours de peur et de haine si caractéristiques de la droite réactionnaire et de l’extrême droite en général, dont le gouvernement est si proche dans sa politique migratoire depuis son arrivée au pouvoir.


La décision du Conseil Constitutionnel de reconnaître le délit de solidarité comme anticonstitutionnel et donc en désaccord avec les idéaux républicains, décrédibilise la politique violente du gouvernement. Maintenant plus que jamais, nous devons proposer une alternative concrète, humaniste de gauche au « no alternative » du gouvernement. Nous devons réclamer une véritable politique d’accueil à l’échelle nationale mais aussi au niveau européen, avec de nouveaux traités différents de ceux décidés à Dublin qui sont profondément inéquitables.

SUIVEZ-NOUS

  • Noir Icône Instagram

©2019 - Culture G / Les Jeunes Génération·s