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[DOSSIER RUE] Evolution du monde du travail : le Revenu Universel est-il une solution adaptée ?




Aujourd'hui, le plein emploi est considéré comme un mythe, et une bonne partie de la population ne parvient pas à trouver du travail. Pourtant, les salarié•e•s sont pour la plupart exploité•e•s, et l'uberisation du marché entraîne l'apparition de plus en plus d'emplois précaires. Mais si le travail ne manque pas, et qu'il est finalement concentré dans une certaine partie de la population, ne pourrait-on pas le redistribuer ? Comment pourrait-on le faire ? Le revenu universel inciterait-il à cette redistribution ?


L'un des problèmes majeurs que nous connaissons aujourd'hui est celui d'un chômage structurel élevé. Il atteint, selon l'INSEE, 9,1 % de la population active française au deuxième trimestre 2018. La demande d'emploi est donc très présente, notamment chez les jeunes. Cependant, les heures supplémentaires sont accumulées par bon nombre de travailleurs•ses qui tentent de joindre les deux bouts. On ne peut en effet pas blâmer un salarié payé une misère qui essaie de se faire un peu plus d'argent pour vivre décemment. Ce système est de plus encouragé par la défiscalisation des heures supplémentaires qui décourage l'embauche. Il est donc nécessaire de prendre des mesures fortes pour redistribuer l'emploi, tout en assurant un revenu décent aux travailleurs•ses.


Nous ne pouvons pas nous contenter de définir empiriquement des quotas d'heures de travail par salariés à appliquer dans chaque entreprise, le problème est bien sûr bien plus complexe : on ne peut forcer quelqu'un ayant acquis un certain niveau de vie à gagner bien moins du jour au lendemain. Pourtant, cette redistribution est nécessaire pour fournir un travail à toute la population active.


La proposition qui semble la plus évidente est alors le revenu universel d'existence. Pourquoi est-ce une proposition « évidente » ?


Parce qu'elle ne revêt pas un caractère obligatoire, au contraire de quasiment toutes les autres alternatives. Le revenu universel est incitatif : il encourage celles/ceux qui concentrent l'emploi à moins travailler, puisqu'elles/ils auront une autre source de revenus, et celles/ceux qui étaient en recherche de travail pourront avoir des fonds pour subsister jusqu'à ce qu'elles/ils aient trouvé un emploi stable. En effet, le revenu universel permettrait à tou•te•s celles/ceux qui sont actuellement dans un emploi précaire d'avoir un nouveau rapport de force avec leur employeur, et elles/ils pourraient donc demander une stabilité dans leur emploi, ou bien chercher un travail qui leur conviendrait plus. Ainsi, le•la jeune chauffeur•e Uber ne serait pas obligé•e de passer un temps énorme à faire ses courses en parallèle de ses études pour au final être payé•e une misère, elle/il pourrait négocier avec son patron pour avoir un meilleur travail, ou elle/il pourrait attendre une meilleure offre d'emploi.


Pour celles/ceux qui craignent que le revenu universel d'existence que nous défendons à Génération.s entraîne une baisse du nombre d'heures de travail trop importante, et qu'au final, il entraîne un assistanat général, dans lequel chacun•e se complairait avec son revenu universel, soyez sans crainte, les études qui traitent des revenus universels les plus proches du nôtre montrent que la population est loin d'être moins active que quand il n'y a pas de revenu universel, elle est même souvent plus active.


Le revenu universel d’existence s'impose donc comme une réponse efficace au chômage, et permet aussi à chacun•e d'obtenir un travail dans lequel il/elle réussira à s’épanouir.


Matthieu Faubert

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