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Droits des minorités et des personnes LGBTI+ dans le monde : n’attendons plus, agissons

Kurdes, Ouïghours, Peuls, Chrétien.ne.s d’Orient, personnes LGBTI+, etc. Toutes ces communautés sont considérées comme des minorités et discriminées pour cela dans de nombreux endroits du monde. De l’internement des Ouïghours en Chine au nettoyage ethnique des Rohingyas en Birmanie en passant par le massacre des personnes homosexuelles en tchétchénie, ces cas d’atteintes graves aux droits humains sont nombreux.

Manifestation contre les violences contre les Ouïghours, à Bruxelles en 2018 - Photo : Emmanuel Dunand - AFP

Une définition difficile à déterminer


La définition d’une minorité a été adoptée par consensus en 1992, dans la Déclaration des Nations Unies sur les minorités. Elles sont ainsi “fondées sur leur identité nationale ou ethnique, culturelle, religieuse ou linguistique” et doivent être protégées par les Etats. Cette définition, cependant, reste très vague et ne permet pas d’identifier des critères objectifs qui caractérisent une minorité.


Le Rapporteur Spécial de la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorités, Francesco Capotorti, apportait, en 1977, cette définition : une minorité est “un groupe numériquement inférieur au reste de la population d’un État, en position non dominante, dont les membres − ressortissants de l’État − possèdent du point de vue ethnique, religieux ou linguistique des caractéristiques qui diffèrent de celles du reste de la population et manifestent même de façon implicite un sentiment de solidarité, à l’effet de préserver leur culture, leurs traditions, leur religion ou leur langue”.


Bien que cette définition soit plus précise, elle exclut les personnes handicapées et les personnes LGBTI+, qui peuvent également être considérées comme appartenant à une minorité.


En résumé, la définition d’une minorité ne coule pas de source, elle dépend de facteurs objectifs et de facteurs subjectifs, propres à chaque pays.


Il faudrait des pages entières pour discuter des droits des minorités dans le monde, car chaque situation est particulière et complexe. Ici, il s’agit de se concentrer sur les droits des personnes LGBTI+, prises comme minorité du fait de leur orientation sexuelle et/ou de leurs identités de genre, qui ne correspondent pas à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre dominante.


Une époque de toutes les contradictions


Concernant les droits des personnes LGBTI+, l’époque actuelle est pleine de contradictions. Dans beaucoup de pays, grâce aux réseaux sociaux et à la massification d’une certaine culture, les nouvelles générations sont de plus en plus sensibilisées à ces sujets. Les jeunes sont renseigné.e.s, sont plus tolérant.e.s et plus volontaires pour apprendre, devenir des allié.e.s ou même revendiquer leur identité. De plus en plus de séries, de publicités, dans la culture de masse, incluent les personnes LGBTI+. Elles gagnent en visibilité, s’approprient des espaces où elles peuvent s’exprimer et contribuent ainsi à faire progresser leurs droits. Mais cette percée dans la culture et sur la scène politique et associative ne semble toucher que les plus jeunes, ou les personnes déjà sensibilisées.


C’est un véritable fossé qui se creuse entre les générations, car en parallèle de cette vague d’acceptation, on constate une montée, dans plusieurs pays, des idéologies réactionnaires et d’extrême droite, fermement anti LGBTI+, dangereuses et mortifères. C’est le cas, par exemple, avec l’arrivée au pouvoir aux Etats-Unis de Donald Trump, ouvertement transphobe et anti mariage pour tous.tes.


Au Brésil, Jair Bolsonaro constitue le représentant parfait de cette idéologie néo fasciste qui gagne du terrain dans le monde. Le Président brésilien, dès sa prise de fonction, a coupé toutes les subventions aux associations LGBTI+ et a enchaîné les déclarations homophobes et sexistes. Jean Wyllys, député brésilien du parti Socialisme et Liberté, gay et militant pour les droits des personnes LGBTI+, a été contraint de s’exiler et de renoncer à son mandat après l’élection de Jair Bolsonaro, car il craignait pour sa vie.


Les exemples de pays ouvertement LGBTIphobes sont nombreux, y compris dans l’Union Européenne. En Pologne, plus de 90 entités locales revendiquent des “Zones sans LGBTI”, alors même que les actes de violences contre les personnes lesbiennes, gay, bi, trans et intersexes ont explosé dans le pays. En Tchétchénie, les personnes LGBTI+ sont arrêtées puis internées et torturées dans des camps tenus secrets. La liste de ces violations intolérables des droits humains est infinie.


Cette dichotomie, entre les jeunes générations, ouvertes et inclusives, et les adeptes des idéologies réactionnaires, laisse peu de place à l’hésitation.


A gauche, nous avons la responsabilité d’agir


Que faire, dans ce contexte complexe, pour lutter efficacement pour que les droits des personnes LGBTI+ soient reconnus, respectés et diffusés dans le monde ?


A gauche, nous avons la responsabilité d’agir. Il n’est pas tolérable que les droits humains les plus fondamentaux soient reniés à cause d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre.


Nous avons la responsabilité d’agir en France, d’abord, pour que toutes les personnes aient accès aux mêmes droits, en ouvrant, par exemple, la procréation médicalement assistée aux hommes transgenres.


Nous avons également la responsabilité d’agir dans le monde en relayant et en faisant connaître les activistes LGBTI+ qui, au Brésil, en Pologne ou ailleurs, se battent pour leurs droits et pour leur vie.


C’est en menant une bataille de fond, en diffusant une culture plus inclusive, en sortant de la norme hétérosexuelle et cisgenre, que les mentalités changeront. Donnons leur place aux acteur.ices trans, créons des personnages de fiction LGBTI+ qui apportent autre chose à l’intrigue que de faire partie de cette communauté.


Les droits des minorités ne sont pas un sujet secondaire, que l’on traite en dernier, lorsque tous les autres ont été épuisés. Ils sont partie intégrante de notre identité en tant que nation et doivent être regardés comme tels. Alors n’ayons pas peur, agissons !


Mathilde Nutarelli

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