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L'édito : La jeunesse européenne rêve aussi de liberté


On nous définit comme la “Génération Erasmus”. Quel.lle jeune aujourd’hui en Europe ne connaît pas le programme d’échange Erasmus, symbole d’émancipation et de liberté pour les jeunes européen•ne•s ? Mais notre génération est elle réellement libre ?


Notre génération a soif de liberté, mais elle est moins libre que celle de nos parents. Elle est sacrifiée sur l’autel du libéralisme au même titre que la nature. Les géants du numérique menacent notre vie privée, les multinationales piétinent le droit commun, les lobbies décident plus souvent que nous, citoyen•ne•s, les gouvernements attaquent nos libertés fondamentales : la liberté de la presse, de manifester sans risque, d’aimer qui nous voulons ou même de disposer de notre corps quand on est une femme.


Certain•e•s - même à gauche - font de ces grands défis des raisons de baisser les bras et de quitter l’Europe, moi j’y vois des raisons de nous retrousser les manches et de combattre. Voyons ces élections comme une opportunité pour nous, la jeunesse, de monter sur le ring et de défendre nos intérêts. Ce n’est pas le moment de reculer, ce n’est pas le moment de céder à la peur, c’est le moment de se servir de notre colère et de combattre.


Comment amorcer une transition écologique ambitieuse et efficace si ce n’est à l'échelle européenne ? Comment financer un Revenu Universel et lutter contre les paradis fiscaux si ce n’est en mettant en place une fiscalité européenne ? Comment gérer la crise humanitaire en Méditerranée si ce n’est à l’échelle européenne ? Comment mieux lutter pour les droits des femmes et le droit des personnes LGBT si ce n’est à l’échelle européenne ?


Les États sont trop petits, trop impuissants face aux GAFA et aux multinationales, mais le Parlement européen est un espace de pouvoir. Les lobbies l’ont bien compris, c’est pourquoi ils dépensent des sommes astronomiques pour peser dans les décisions qui y sont prises. Quitter l'Union européenne ne les empêchera aucunement de prendre ces décisions. Ces décisions qui nous concernent et concernent l’avenir de la planète seront prises de toute manière. Mais si nous, jeunes citoyen•ne•s, nous ne sommes pas présent•e•s au Parlement européen, vous pouvez être assuré•e qu’elles ne seront jamais prises dans notre intérêt. Les lobbies y sont forts uniquement parce que nous, citoyen•ne•s, sommes absent•e•s. C’est à nous de conquérir notre liberté et de faire émerger un contre pouvoir, un lobby oui mais un lobby citoyen pour enfin faire pencher la balance du côté de la démocratie.


L’Europe est la seule échelle pertinente pour répondre aux grands enjeux de notre temps. Nous n’avons donc pas d’autres choix que de pousser la construction européenne et reconquérir nos libertés. Face aux populismes qui font des institutions européennes le bouc émissaire de tous les maux dont souffrent les états, et aux libéraux qui agitent l’épouvantail de l’extrême droite, nous avons entrepris une démarche inédite avec nos partenaire du Printemps Européen : l’européanisation en amont des élections. Nous ne sommes pas un énième parti de gauche français à ces élections, nous sommes un large rassemblement européen de partis de gauche autour d’un programme commun. Nous sommes la seule formation politique qui porte un seul et même programme dans tous les pays d'Europe.


La jeunesse que nous constituons et celle que j’ai l’honneur de représenter sur notre liste n’est pas celle la génération Erasmus - réservé à une élite - et elle est à des années lumières de la résignation : c’est cette jeunesse qui croit en l'Europe et s'organise à l'échelle européenne. Elle est solidaire, comme ce collectif de coursiers à vélo pour défendre collectivement leurs intérêts face aux géants Ubereats et Deliveroo qui nous exploitent en profitant de notre situation de précarité ; elle est écologiste, en se mobilisant pour le climat en Europe et en prônant l’écologie politique en rupture avec le système capitaliste productiviste ; elle est révoltée et dit stop au green washing des gouvernements et des entreprises.


Nous, la jeunesse, saisissons nous de l’Europe ! La construction européenne est à nous, c’est sur nous qu’elle repose et ce sera notre défi.


Emparons nous-en le 26 mai !


Sabrina Benmokhtar

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