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« L’Effondrement » : récit d’une France post-apocalyptique

Diffusée fin 2019 sur Canal+ Décalé, « L’Effondrement », nous plonge dans une France post-apocalyptique où la population tente de survivre. Véritable récit catastrophe, cette série en 8 épisodes n’en demeure pas moins politique.

(Crédit photo : Canal+)

Voyage au coeur du monde d’après


Et si les crises que nous vivons actuellement étaient les marqueurs d’un effondrement global sur le point d’advenir ? Si la société actuelle, cette ère thermo industrielle, minée par le productivisme, le culte de la croissance et le libéralisme s’effondrait à la suite d’un événement majeur, que se passerait il ensuite ? C’est sur ce postulat que prend vie la série “L’Effondrement”, diffusée à l’automne 2019 sur Canal+ Décalé.


Au cours de cette saison en 8 épisodes, nous nous retrouvons plongés au coeur du monde d’après, de quelques jours à quelques semaines, après la fin de notre société.

Nous ferions alors face à une pénurie de vivres, de ressources et d’énergie. La fin des télécommunications ne permettrait plus le maintien des gouvernements et chacun serait voué à lui même. Les supermarchés et les stations essences seraient alors pillés, dévalisés, aux risques et périls de celles et ceux qui oseraient encore s’y aventurer. La nourriture serait rationnée pour ceux qui en disposent encore. Les centrales nucléaires laissées sans surveillance deviendraient de véritables bombes à retardement. Certains groupes tenteraient de surmonter les éprouvent en créant des sociétés autosuffisantes quand d’autres feraient le choix de continuer seuls quitte à faire preuve de cruauté. La violence serait alors le grand remède dans certaines situations, non plus pour tenter de vivre dans ce monde austère, mais bien pour tenter d’y survivre.


Homo homini lupus est


« L’homme est un loup pour l’homme » et la société post-fin du monde s’éclaire selon les mots de Thomas Hobbes, Philisophe anglais du XVIIème siècle.

Résumons la pensée de Hobbes en quelques lignes. Selon lui, les hommes ont des désirs communs, et c’est exactement pour cette raison qu’ils deviennent ennemis. L’homme est alors son propre antagoniste et les hommes se font alors la guerre. Cet état de guerre, c’est l’État de nature selon Hobbes. La loi du plus fort en somme.

En appliquant cette pensée à «L’Effondrement», nous pouvons expliquer le délitement des liens sociaux, la compétition permanente dans la survie des protagonistes notamment autour de certains besoins vitaux comme celui de se nourrir et de se protéger face aux autres. En ligne de mire les plus fragiles (précaires, handicapés, personnes âgées, etc.) sont aussi les plus menacés. Dans cette lutte sans merci deviendraient donc des catastrophes, et d’autres drames qui auraient pu être évités.


La fin du monde peut-elle réellement se produire ?


En prenant en compte les théories collapsologues (la collapsologie est un courant de pensée né au début du XXIème siècle et étudie les risques de l’effondrement de la société actuelle et ce qui pourrait lui succéder), « L’Effondrement » part du principe que rien n’a été fait pour tenter de changer le cours des choses, ce qui a fini par causer la fin de la société.


Si aujourd’hui, tous les indicateurs sont au rouge, que les experts du GIEC alertent les gouvernants sur la nécessité d’agir face au dérèglement climatique, que les économistes tirent la sonnette d’alarme sur la hausse des inégalités, que les tensions géopolitiques font craindre une Troisième guerre mondiale, il est encore possible d’éviter un tel scénario.


La jeunesse mondiale défilant en liesse contre le dérèglement climatique, pour exhorter les gouvernements à agir, a pleine conscience de l’urgence de la situation.

La fin du monde tel qu’on le connaît où son évitement sera ainsi la conséquence de choix où de non choix, mais quand l’horloge de l’apocalypse pointe aujourd’hui à minuit moins deux minutes, il est plus que temps d’agir avant qu’une dystopie d’un tel ordre ne devienne un triste quotidien.


En bref, « L’Effondrement » dresse le portrait du meilleur et du pire de notre civilisation, sublimé par une réalisation en plan séquence, chaque épisode n’en comptant qu’une seule. Une série à voir d’urgence.


Benjamin Couble

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