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Les grandes étapes de la construction européenne

de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux élections de 2019



La signature du traité de Rome en 1957 Crédit photo : Wikimedia Commons

Si les élections européennes approchent à grands pas, la plupart des Européen•ne•s connaissent assez mal les institutions européennes et l’histoire de la construction européenne en général. Rappelons donc quelles ont été les étapes les plus marquantes, qui ont progressivement mené à la création de l’Union européenne par le Traité de Maastricht, entré en vigueur le 1er novembre 1993.


Sortir de la guerre, instaurer la paix


À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe est exsangue, déchirée par le plus grand conflit dans l’histoire du monde, s’inscrivant en pleine continuité de l’animosité franco-allemande. Il est clair que si l’Europe a une chance de se reconstruire, cela exige avant tout la réconciliation franco-allemande. Mais comment y arriver ? Le 9 mai 1950, Robert Schuman, alors Ministre français des Affaires étrangères, propose dans sa déclaration la mise en commun des ressources de production françaises et allemandes dans deux domaines-clés de l’industrie de la guerre : le charbon et l’acier. Il propose de placer la production du charbon et de l’acier sous une Haute autorité commune, ouverte à tout autre Etat européen. En 1951 est ainsi signé le traité de Paris, fondant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), marquant le début du rapprochement franco-allemand et de la construction européenne, à laquelle s’associent quatre autres États (l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg).


La création de la Communauté économique européenne (CEE)


Le 25 mars 1957 représente une autre date-clé, avec la création de la Communauté économique européenne, motivée par la volonté d’instaurer un grand marché commun, caractérisé par la libre circulation des personnes et des marchandises dans tous les pays membres. Il est notamment prévu de supprimer progressivement les droits de douane entre les États membres, et de mettre en place des politiques communes (par exemple dans l’agriculture). De nouvelles institutions sont créées, à savoir la Commission européenne, le Conseil des ministres, l’Assemblée parlementaire (qui deviendra le Parlement européen) et la Cour de justice des communautés européennes. L’union douanière est finalement réalisée en 1968.


Du premier élargissement aux élections au suffrage universel direct


En 1973, la CEE entre dans une nouvelle étape et commence à s’élargir, avec trois nouveaux États membres, à savoir le Royaume-Uni, l’Irlande et le Danemark. La Communauté commence aussi à ressembler de plus en plus à l’Union européenne d’aujourd’hui, notamment en juin 1979 avec les premières élections au suffrage universel direct pour le Parlement européen. La présidence en est alors assurée par Simone Veil, jusqu’en 1982.



Simone Veil, première présidente élue du Parlement européen, en 2011 Crédit photo : groupe PPE, publiée sous licence Creative Commons


Les années 80, de l’élargissement à la chute du communisme : un nouveau contexte


En 1981, la Grèce rejoint la CEE, de même que l’Espagne et le Portugal cinq ans plus tard. Le 1er juillet 1987 se réalise le marché unique entre les États membres, à la suite de plus de 300 mesures entreprises pour éliminer les différentes barrières douanières. De plus, le contexte change radicalement en Europe à la fin des années 1980, avec la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 et la fin de l’hégémonie des régimes communistes en Europe centrale et orientale. Il est clair que la CEE devra faire face à une nouvelle configuration de l’Europe.


Du Traité de Maastricht à l’élargissement de 2004


En effet, la CEE s’adapte à la nouvelle réalité géopolitique en 1992 avec le Traité de Maastricht, qui marque son organisation en trois piliers et le transfert de souveraineté des États-membres vers la CEE dans certaines compétences. Les citoyennes et les citoyens acquièrent de nouveaux droits, comme celui de circuler et de résider librement, et de se présenter aux élections municipales et européennes. De plus, la CEE change officiellement de nom pour devenir l’Union européenne. En 1993 sont définis les critères de Copenhague, donnant un cadre plus précis aux élargissements de l’UE à venir. En 1995, ce sont ainsi l’Autriche, la Finlande et la Suède qui intègrent l’Europe des douze, qui devient l’Europe des quinze. La même année sont signés les accords de Schengen, permettant la circulation sans contrôle d’identité aux frontières. D’autres traités renforçant la coopération entre les États-membres entrent progressivement en vigueur, à savoir le Traité d’Amsterdam (1997) et le Traité de Nice (2001). En 2002 est introduite la monnaie commune, l’euro, dans 12 États-membres. Deux ans plus tard, en 2004, le projet européen est à son apogée, avec l’entrée de dix nouveaux États, principalement d’Europe centrale et orientale, ainsi que Malte et le Chypre.


De l’échec de 2005 à l’élargissement de 2013


À la suite des élargissements successifs, une réflexion est lancée pour aller plus loin dans l’intégration européenne, qui se concrétise dès 2002 par l’élaboration du très controversé projet de traité constitutionnel, signé par les 25 États-membres le 29 octobre 2004. Celui-ci est néanmoins confronté à deux échecs de ratification par référendum, aux Pays-Bas et en France. Un nouvel élargissement a lieu en 2007, avec l’entrée dans l’UE de la Bulgarie et de la Roumanie. En 2013, le dernier élargissement a lieu, suite auquel la Croatie rejoint les 27 États membres. En 2007 est également signé le traité de Lisbonne, introduisant entre autres une présidence stable du Conseil européen ainsi que le droit d’initiative citoyenne. Grâce à ce dispositif, les citoyennes et les citoyens peuvent être à l’origine d’une initiative (pétition), qui, si elle obtient le soutien d'au moins un million de citoyen•ne•s européen•ne•s issu•e•s d’au moins un quart des États-membres, est examinée par la Commission européenne. C’est dans ce cadre que l'initiative New Rights Now est portée aujourd’hui par notre candidat Atte Oksanen, pour garantir plus de droits aux travailleurs•ses ubérisé•e•s.


L’Union européenne, une institution sclérosée et pleines d’incertitudes


Malgré les ambitions progressistes, sociales et pacificatrices, affichées d’année en année, l’Union Européenne traverse une lourde crise de sens. Nous vivons dans un espace dans lequel les marchandises circulent plus facilement et jouissent de plus de droits que bon nombre de citoyens. Prisonnières des griffes de l’austérité et du repli identitaire, l’Europe se délite aujourd’hui par les libertés. Pour que le projet européen retrouve du sens et puisse réellement être source de progrès social et écologique, la démocratiser et revoir les traités semble inéluctable. Alors mobilisons nous jusqu’au 26 mai pour faire vivre une Europe de gauche, citoyenne, écologiste, humaniste et solidaire.


Jan Kasnik

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