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Outre-mer : 2,7 millions de Français oubliés par la politique gouvernementale


Si les conditions de vies dans les Outre-mer sont déjà difficiles, le gouvernement ne fait rien depuis un an pour arranger la situation, au contraire. Plus que jamais, les territoires ultra-marins se sentent oubliés par le gouvernement français.


L’économie en Outre-mer, c’est avant tout un constat difficile. Un taux de pauvreté à 19% en Guadeloupe, 44% en Guyane contre 14% en France métropolitaine. Des inégalités plus fortes, l’indicateur d’inégalité (le 0 correspondant à une société parfaitement égalitaire, le 1 pour une répartition totalement inégalitaire) atteint 0,49 à Mayotte, 0,41 en Martinique contre 0,29 dans l’Hexagone. Le chômage frappe encore plus violemment l’Outre-mer en atteignant 22% en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion, 26% à Mayotte, 18% en Martinique alors que le taux de chômage est de 9,4% pour la France entière, ce qui constitue déjà une catastrophe nationale. Pour les 15-24 ans le chômage est une catastrophe qui touche plus de 50% des jeunes en Guadeloupe, Martinique et Polynésie française.


A ce constat difficile, s’ajoute un élément qui finit de placer dans la précarité ces 2,7 millions de Français : la vie chère. Les prix à la consommation sont environ de 17% plus cher en Outre-mer que dans l’Hexagone. Depuis la loi Lurel dite « loi contre la vie chère en Outre-mer » adoptée en 2012 par la majorité socialiste, qui a pu donner un souffle aux citoyens ultra-marins, rien n’a été fait pour améliorer les conditions sociales.


La nouvelle majorité, en effet, se contente d’être spectatrice des crises successives qui surviennent en Outre-mer et s’ajoutent à la vie déjà difficile. Tant bien que la situation devient extrême, devant l’incapacité du Gouvernement, qui reste les bras ballants.


En premier lieu des crises : la crise des Sargasses. Ces algues brunes, venues d’Amérique du Sud, s’échouent massivement sur les côtes antillaises depuis des mois. Hautement toxiques, dégageant une odeur nauséabonde, empêchant les petites embarcations de prendre la mer, empêchant de nombreuses activités touristiques et la pêche, les sargasses sont un poison pour les Antilles. Pourtant, le gouvernement ne réagit que plusieurs mois après que ne survienne la crise en annonçant les plans PULSAR, bel acronyme pour un nuage de fumée : 1,3 millions de rallonge pour la Guadeloupe et la Martinique. Un budget qui n’est pas à la hauteur de la crise. Pour un ordre de comparaison, le budget de dépollution des algues en Bretagne est aux alentours de 55 millions.


Nous savons que l’arrivée massive des sargasses provient du dérèglement climatique et de la déforestation amazonienne : le gouvernement doit convoquer un grand sommet international pour mettre chacun en face de ses responsabilités.


La crise de l’eau en Guadeloupe est aussi très préoccupante. Pourtant présente en abondance sur cet archipel, elle ne coule que trop rarement aux robinets des guadeloupéens. Ils vivent des coupures intempestives et parfois de longue durée. Nous savons que cela est dû à un réseau d’eau vétuste et que la Guadeloupe a besoin d’un plan d’investissement massif de rénovation du réseau d’eau. Aujourd’hui, près de 50% de la production d’eau s’écoule hors des canalisations et est perdue, cela représente 7 millions de mètres cubes. Un bien commun gaspillé sans compter. Pourtant, aucune réponse des pouvoirs publics.


Depuis le mois de février 2018, le département de la Mayotte connaît des tensions intérieures directement liées à une insécurité grandissante et à une atonie économique. En effet, la population connaît un taux de chômage record, s’élevant à près de 35%. Celui-ci résulte d’une offre d’emploi insuffisante et d’un travail clandestin qui touchent aujourd’hui tous les secteurs d’activité. La présence importante de personnes étrangères en situation irrégulière, avec une main-d’œuvre bon marché, renforce cette dernière problématique. Des manifestations importantes ont eu lieu depuis le mois de février, mais le gouvernement tarde à apporter une réponse. Les manifestants mettent aussi en avant de graves problèmes liés à une insécurité croissante. Il y a par exemple 1,2 vols avec arme pour 1.000 habitants à Mayotte contre 0,2 dans l’Hexagone. Mayotte détient aussi le record du nombre de cambriolages par habitant.


Les Antilles connaissent également une problématique majeure de santé publique : la pollution au chlordécone. Ce pesticide, utilisé dans les champs de bananes, a été utilisé jusqu’en 1993 alors que ses effets nocifs pour la santé sont connus depuis 1977. La Martinique obtient alors le record mondial de cancers de la prostate. Le chlordécone a contaminé les sols, les sous-sols et les rivières pour des générations. Il est reconnu comme perturbateur endocrinien, neurologique, reprotoxique et cancérigène. La pollution au chlordécone met en grave danger toute la population antillaise, on estime à 93% le nombre d’habitants contaminés.

D’une part, les victimes du chlordécone doivent être entièrement indemnisées, d’autre part le gouvernement doit financer les recherches sur la dépollution des sols. Sur les deux revendications, le gouvernement reste immobile.


Si on ajoute à cela la gestion calamiteuse post-Irma avec des arrêtés de catastrophes naturelles arrivés très tardivement et qui ont dû nécessiter la mobilisation massive des élus locaux, il ne reste rien à dire pour prouver que le Gouvernement est cruellement défaillant pour le peuple ultramarin. Loin des yeux, loin du coeur : voilà la méthode du gouvernement LREM.


Pourtant les territoires ultra-marins sont une richesse : ils assurent la présence de la France sur tous les océans du monde, ils donnent à la France la deuxième Zone Économique Exclusive mondiale (derrière les États-Unis, devant l’Australie), ils assurent une pluralité culturelle, ils offrent à l’industrie des infrastructures de pointe (centre spatial guyanais).


L’Outre-mer demande l’égalité réelle avec l’Hexagone, le gouvernement répondra-t-il à l’urgence sociale, écologique, sanitaire ?

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