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Papillomavirus, la vaccination est l’affaire de tou·te·s

Alors qu’en Australie le cancer du col de l’utérus sera bientôt considéré comme une maladie rare, en France il tue environ 1000 femmes chaque année.



Qu’est-ce que le HPV ?


Le papillomavirus humain (ou HPV) est un virus qui se transmet par contact cutané ou par voie sexuelle (peau, muqueuses, buccales, génitales, anales, par pénétration, caresses ou autres pratiques sexuelles). Les hommes comme les femmes sont concerné.e.s.


Il existe plus de 200 types de virus. Une fois contractés, ceux-ci peuvent évoluer vers des lésions précancéreuses ou cancéreuses. La période d’incubation est de 2 à 3 ans et les manifestations cliniques sont souvent asymptomatiques donc peu visibles.


Il n’existe aucun traitement permettant la guérison d’une infection à papillomavirus : les traitements ciblent seulement les lésions cancéreuses, raison pour laquelle la prévention est primordiale.


La prévention ?


Etant donné le manque crucial d’information et d’éducation en France à ce sujet, il est nécessaire de rappeler que l’utilisation d’un préservatif n’est pas optimale pour se protéger. En effet, le préservatif n’est pas entièrement efficace car la transmission peut avoir lieu via des zones de contact non couvertes par le préservatif. . De plus, certaines pratiques sexuelles ne peuvent être protégées par une méthode barrière comme le préservatif.


La vaccination et le dépistage, en revanche, sont plus fiables : en effet, le dépistage implique le test HPV et/ou l’examen cytologie réalisé par un professionnel de santé. Le vaccin, lui, empêche le virus potentiellement cancérigène de nous infecter.


La vaccination ?


La vaccination peut se définir par l’introduction dans le corps du virus inactif ou très affaibli de façon à ce que notre système immunitaire reconnaisse ces virus et fabrique des anticorps efficaces contre ceux-ci. Ces anticorps créés à la surface des muqueuses permettront de combattre le virus s’ils le rencontrent. En cas d’un rapport à risque avec une personne porteuse du virus, les anticorps de la personne vaccinée empêcheront le virus de pénétrer dans les cellules.


La vaccination va cibler les virus qui sont particulièrement cancérigènes, notamment les types de virus affectant les voies génitales (vulve, vagin, utérus, pénis, testicules…), anales, buccales et œsophagiennes.


Les vaccins actuels ne couvrent que 4 types de HPV : ceux à haut risque cancérigène. C’est pourquoi, même en étant vacciné, le dépistage reste important car la vaccination ne permet pas de couvrir l’ensemble des types de papillomavirus.


En France


Selon l’OMS, la vaccination recommandée et remboursée concernait seulement les adolescentes entre 11 à 14 ans avec un rattrapage vaccinal jusqu’à leurs 19 ans. Depuis 2017, elle est également recommandée aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.


Il est intéressant de se questionner sur cette stigmatisation : pourquoi impliquer seulement les femmes et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes alors que l’entièreté de la population est concernée par ce virus ? Que l’on soit assigné homme ou femme à la naissance, nous pouvons être porteur du virus et donc le transmettre. D’ailleurs comme le souligne Franck Barbier, responsable santé de l’association « Aide au Monde », l’orientation sexuelle d’une adolescente ou d’un adolescent à 11 ans n’est pas toujours connue, et même si elle l’était, cela ne devrait pas influencer son état de santé futur.


En ayant promu la vaccination HPV majoritairement contre le cancer du col de l’utérus, incluant de ce fait uniquement les jeunes filles dans cette prévention, la France a donné, notamment auprès des parents, un caractère « sexuel » à ce vaccin, perçu alors comme une autorisation pour leur fille d’avoir des relations sexuelles. Il est donc important aujourd’hui de désexualiser ce vaccin en impliquant tou.te.s les adolescent.e.s : tout le monde peut être porteur du virus, et tout le monde peut donc potentiellement le transmettre.


Selon un projet d’avis publié le 30 octobre 2019 par le ministère de la santé, L’HAS recommanderait une vaccination chez les jeunes garçons à partir de 11 ans avec un rattrapage vaccinal jusqu’à 19 ans. Elle appuie sa recommandation sur le fait que « la vaccination contre les HPV limitée aux filles et aux HSH pose des questions d’éthique, d’égalité d’accès à la vaccination et de stigmatisation liée à l’orientation sexuelle et au non-respect de la vie privée ». La Haute Autorité de Santé invite ainsi les acteurs concernés par la politique vaccinale à formuler leur avis sur ce projet.


Les contributions seront analysées et discutées pour aboutir à une recommandation finale. C’est la raison pour laquelle, il faut soutenir l’ouverture à une vaccination recommandée et remboursée pour tou.te.s les adolescent.e.s à partir de 11 ans, sans prendre en compte le sexe, le genre ou l’orientation sexuelle de l’adolescent.e.


À l’International


L’Australie ou la Suède sont de très bons exemples pour illustrer la fiabilité de ce vaccin et l’efficacité de la vaccination pour tou.tes. En effet, en France, ce vaccin a connu plusieurs polémiques à cause d’une affaire datant de 2013 qui fut finalement classée sans suite grâce à une enquête pharmaco-épidémiologique menée auprès de 2,2 millions de jeunes filles et n’ayant montré aucune augmentation du risque d’apparition d’une maladie auto-immune (sclérose en plaque, vascularites, syndrome de Guillain-Barré, etc…).


En Suède, grâce à la généralisation de la vaccination, une réduction de 75% des lésions précancéreuses chez les jeunes filles a été observée.


En Australie, grâce à la généralisation de la vaccination depuis 2013, la couverture vaccinale atteint maintenant 80% des Australiennes et 75% des Australiens. La proportion de femmes porteuses des deux principaux types de virus responsables de cancer a chuté de 23% à 1%. Selon les modélisations épidémiologiques, la circulation du virus et donc l’apparition de cancers en lien au HPV devrait cesser en Australie. Soyons protégé, soyons vacciné ! Protégeons-nous, Vaccinons-nous !


Marie Jutteau

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