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Vers un modèle agroécologique


Champ de blé en Seine-et-Marne (Île-de-France, France). Crédits photos : Myrabella. Publiée sous licence Créative Commons.

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’agriculture française et européenne a connu d’importants bouleversements. L’apparition de la mécanisation et de la chimie a profondément transformé le métier et les filières agricoles. Les rendements se sont envolés, les paysans.nes se sont enrichis.es mais très vite, dès le début des années 80 les premières crises alimentaires, sanitaires et écologiques apparaissent. Vache folle, pollution des eaux, destruction des sols, perturbateurs endocriniens... Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur le fait que l’agriculture chimique n’est absolument plus soutenable ni techniquement pertinente.


Le sol par exemple, qui occupe une place centrale dans les pratiques agricoles a été complètement négligé. Loin d'être une matière inerte, il est d'une incroyable complexité, où vivent des millions d'organismes vivants. Les pratiques et l'usage des produits chimiques de l'agriculture conventionnelle jouent un rôle majeur dans la dégradation des sols et dans la sixième extinction de masse des espèces (80% de la population d'insectes volants disparu en 30 ans). Le dérèglement climatique est également en grande partie dû à l'agriculture conventionnelle (déforestation et engrais de synthèses), en effet l’épandage de 100 kg d’azote a le même impact sur l’effet de serre qu’une voiture durant 10 000 km.


Les experts tirent la sonnette d'alarme. Il est temps d'interroger et de remplacer le modèle industriel productiviste qui dégrade les écosystèmes, oppresse nos agriculteurs et détériore la santé des consommateurs.


Heureusement, bien que les politiques agricoles françaises et européennes poursuivent la course à la marchandisation du vivant, des solutions existent et des alternatives germent aux 4 coins du pays.


La transition agricole, moderne et soutenable, réside dans la reconnexion de l’activité humaine avec l'environnement, les territoires, la vie sociale locale et le développement des techniques de l’agroécologie.


Ce modèle humain et écologique représente l’opposé des fermes usines où l'on produit à moindre coût et de mauvaise qualité. L'agroécologie, encouragée par l'ONU est un modèle viable et rentable qui pourrait nourrir la planète avec des systèmes de production qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Il nous faut plaider pour une démarche scientifique attentive aux phénomènes biologiques, qui utilise un maximum la nature comme facteur de production. Elle permet de préserver voire régénérer les ressources naturelles, et de maintenir voire améliorer les résultats techniques et économiques.


« En partant des connaissances de chaque agriculteur sur ses parcelles, alliées aux derniers développements scientifiques, en faisant appel à de meilleurs soins du sol pour qu'il soit plus fertile et stocke plus de carbone, ainsi qu'à une biodiversité des espèces plantées, l'agroécologie tourne le dos aux engrais synthétiques. Elle essaie également de réduire la dépendance à une mécanisation à outrance qui alourdit les charges financières des agriculteurs. » disait l’agronome José Graziano da Silva.


L'agroécologie revendique le droit à une alimentation saine et accessible à toutes et tous, qui replace la vie au centre des préoccupations et rende une véritable souveraineté alimentaire. Grâce à elle, les paysans.nes retrouvent leur indépendance, peuvent expérimenter, douter ou tâtonner. Car à l’inverse, l’agriculture chimique prétend généraliser de grandes théories universelles qui se trouvent finalement peu en phase avec la réalité de leur application.


Afin d’accompagner cette transition agricole et soutenir l’agroécologie, les Jeunes Génération.s défendent l’idée d’une démocratie alimentaire traduite par le droit des peuples et des paysans.nes à s’organiser pour définir son modèle de production, de distribution et de consommation. Cette démocratie alimentaire garantit le droit à l’alimentation pour toute la population ainsi que le maintien de petites et moyennes exploitations respectant la nature et l’humain.

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